Les deux pays ont récemment joué un rôle central de médiation dans le conflit au Moyen-Orient, le Pakistan s’imposant comme l’intermédiaire clé pour sécuriser un cessez-le-feu temporaire entre l’Iran et les États-Unis en avril 2026. Cette diplomatie s’appuie sur des liens personnels entre le chef de l’armée pakistanaise, le maréchal Asim Munir, et le président américain Donald Trump, ainsi que sur la capacité du Pakistan à dialoguer avec les deux parties.
Cependant, les relations bilatérales restent complexes et parfois tendues en raison de :
* Conflits frontaliers : Des échanges de tirs de missiles ont eu lieu en janvier 2024 entre les deux pays concernant des groupes armés séparatistes baloutches.
* Divergences régionales : Les liens de l’Arabie saoudite avec le Pakistan ont parfois freiné le développement de la coopération avec l’Iran.
* Enjeux économiques : Le Pakistan dépend des importations d’hydrocarbures transitant par le détroit d’Ormuz, ce qui rend la stabilité de la région cruciale pour son économie.
## Relations Pakistan-Iran : Histoire et Derniers Événements
### 1. Relations Historiques et Diplomatie Récente
Les relations entre le Pakistan et l’Iran sont anciennes, l’Iran ayant été l’un des premiers pays à reconnaître l’indépendance du Pakistan en 1947. Les deux nations ont connu des périodes de coopération, notamment contre le séparatisme baloutche dans les années 1970, mais aussi des phases de tension, comme lors de la guerre Iran-Irak (1980-1988) ou en raison de leurs politiques divergentes en Afghanistan.
La relation s’est récemment réchauffée, en grande partie grâce à une affinité personnelle du défunt guide suprême iranien, Ali Khamenei, pour le Pakistan, où il avait vécu en exil. Cette proximité a facilité une coopération accrue contre les groupes militants opérant de part et d’autre de la frontière.
### 2. Conflit Frontalier de 2024
Les relations ont été fortement ébranlées en janvier 2024 par un échange de frappes militaires sans précédent.
* 16 janvier : L’Iran a lancé des missiles et des drones contre la province pakistanaise du Baloutchistan, ciblant le groupe séparatiste sunnite Jaish al-Adl. L’attaque a tué deux enfants, provoquant la colère du Pakistan, qui a qualifié ce geste de “violation de la souveraineté”.
* 18 janvier : En représailles, le Pakistan a mené **”l’opération Marg Bar Sarmachar”**, utilisant des drones et des avions de combat pour frapper des cibles du Front de libération du Baloutchistan (BLA) et du Front de libération du Baloutchistan (BLF) en territoire iranien, près de Saravan, tuant neuf personnes, dont des enfants.
Ce face-à-face militaire, le premier de ce type depuis la fin de la guerre Iran-Irak, a mis les deux pays au bord d’une guerre ouverte. Un cessez-le-feu a été négocié le 19 janvier, avec le rappel des ambassadeurs et une visite du ministre iranien des Affaires étrangères à Islamabad pour apaiser les tensions.
### 3. Rôle de Médiation en 2026
Dans un retournement diplomatique spectaculaire, le Pakistan est passé de l’adversaire à l’intermédiaire clé. En avril 2026, alors que les États-Unis menaçaient d’une destruction totale de l’Iran, le Pakistan a joué un rôle crucial de facilitateur dans la négociation d’un cessez-le-feu temporaire de deux semaines.
* Le Premier ministre Shehbaz Sharif et le chef de l’armée, le maréchal Asim Munir, ont utilisé leurs relations personnelles avec le président américain Donald Trump pour désamorcer la crise.
* Le Pakistan a hébergé les négociations de paix à Islamabad, avec un soutien stratégique de la Chine, qui a servi de garant.
* Cette action a considérablement rehaussé le statut diplomatique du Pakistan sur la scène internationale.
### 4. Facteurs Économiques et Stratégiques
* Frontière commune : Les 900 km de frontière partagée, traversant la région instable du Baloutchistan, sont un point de friction constant en raison du trafic de drogue, du contrebande et des activités des groupes séparatistes.
* Projet de pipeline : Un projet de gazoduc “amitié” entre les deux pays, longtemps bloqué par les pressions américaines, reste une priorité économique pour le Pakistan, dépendant des importations d’énergie.
* **Équilibre stratégique** : Le Pakistan doit constamment naviguer entre ses liens forts avec l’Arabie saoudite et ses intérêts croissants avec l’Iran, ce qui rend sa diplomatie régionale particulièrement complexe.
