Histoire des relations Iran-États-Unis
Origines de la rupture (1953-1979)
Les relations ont basculé en 1953 avec le coup d’État orchestré par la CIA et les services britanniques pour renverser le Premier ministre démocratiquement élu Mohammad Mossadegh, qui avait nationalisé l’industrie pétrolière. Ce coup a réinstallé le Shah Mohammad Reza Pahlavi, transformant l’Iran en un allié clé des États-Unis durant la Guerre froide. Cependant, cette ingérence a profondément marqué la conscience nationale iranienne. Le mécontentement a culminé avec la Révolution islamique de 1979, qui a forcé le Shah à l’exil et instauré la République islamique sous l’autorité de l’Ayatollah Khomeini, qui a désigné les États-Unis comme le « Grand Satan ».
Crise des otages et rupture diplomatique (1979-1980)
La rupture définitive a eu lieu en novembre 1979 lorsque des étudiants islamistes ont pris d’assaut l’ambassade américaine à Téhéran, prenant 52 otages pendant 444 jours. Cette crise a paralysé la présidence de Jimmy Carter et conduit à la rupture des relations diplomatiques en avril 1980. Les otages ont été libérés le 20 janvier 1981, minutes après l’investiture de Ronald Reagan.
Confrontation et escalade (1980-2020)
Les décennies suivantes ont été marquées par des affrontements indirects et directs :
- Guerre Iran-Irak (1980-1988) : Les États-Unis ont soutenu Saddam Hussein, notamment en fournissant des renseignements, malgré l’usage d’armes chimiques.
- Abattage d’Airbus 655 (1988) : Le croiseur américain USS Vincennes a abattu un avion civil iranien, tuant 290 personnes, un événement que Téhéran considère comme un crime de guerre.
- Affaire Iran-Contra (1985-1987) : Scandale révélant la vente secrète d’armes à l’Iran par l’administration Reagan pour financer des rebelles au Nicaragua.
- Discours de l' »Axe du mal » (2002) : Le président George W. Bush a inclus l’Iran dans cette catégorie, aggravant les tensions.
Programme nucléaire et accords (2002-2020)
L’annonce en 2002 de sites d’enrichissement d’uranium a conduit à des années de sanctions internationales. Après des négociations complexes, l’accord JCPOA de 2015 a été signé : l’Iran limitait son programme nucléaire en échange du levé des sanctions. En mai 2018, le président Donald Trump s’est retiré unilatéralement de l’accord, réimposant des sanctions dites de « pression maximale », plongeant l’économie iranienne en récession.
Assassinat de Soleimani et guerre ouverte (2020-2026)
L’escalade a atteint un point critique le 3 janvier 2020 avec l’assassinat par drone du général Qassem Soleimani, chef de la Force Qods des Gardiens de la Révolution. En juin 2025, une guerre directe a éclaté, impliquant des frappes conjointes américano-israéliennes contre des sites nucléaires iraniens à Fordow, Natanz et Ispahan. En février 2026, les États-Unis ont lancé l’Opération Epic Fury, marquant leur entrée formelle en guerre. Le ministre iranien des Affaires étrangères, Abbas Araghchi, a déclaré le 1er avril 2026 que le « niveau de confiance est à zéro », excluant toute négociation.

