Intelligence Économique Iran
**L’intelligence économique et l’Iran** se croisent dans un contexte de conflit géopolitique croissant, notamment depuis les frappes conjointes des États-Unis et d’Israël contre l’Iran le **28 février 2026**, qui ont déclenché une guerre ouverte.
Ce conflit a des répercussions directes sur les entreprises françaises, notamment dans les secteurs de l’énergie, de la logistique et des matières premières, avec une hausse du baril de Brent à plus de 115 dollars, un blocage du détroit d’Ormuz (goulet d’étranglement de 30 % des hydrocarbures mondiaux) et une réduction de plus de 90 % du trafic maritime.
**L’Iran a réagi en fermant le détroit d’Ormuz**, provoquant une crise énergétique mondiale, avec des stocks de gaz européens historiquement bas (46 milliards de m³ fin février 2026), une marge d’amortissement réduite et des coûts de transport maritime bondissant de +757 % pour les GNL.
Les entreprises françaises sont ainsi confrontées à des **coûts d’énergie, de logistique et de matières premières en forte augmentation**, avec des marges déjà fragilisées après les crises précédentes.
**En parallèle, l’Iran utilise l’intelligence artificielle (IA)** comme levier stratégique, notamment pour renforcer ses capacités en **cyberattaques, opérations d’influence, systèmes militaires et répression intérieure**.
Le pays a lancé une stratégie nationale en IA depuis 2021, visant à devenir l’un des dix premiers pays mondiaux dans ce domaine d’ici 2032, avec un objectif de 8 milliards de dollars d’investissements et de 600 000 experts formés. Cependant, son isolement économique et son système de contrôle gouvernemental entravent son développement.
**La guerre se joue aussi dans l’information** : des images de frappes, de bases détruites ou de conflits sont de plus en plus générées par IA, rendant la vérification des faits extrêmement complexe.
Des médias occidentaux ont diffusé des contenus falsifiés, comme des images de bases américaines « rasées » (en réalité des images de Bahreïn modifiées), ou des vidéos de missiles sur Tel-Aviv, qui ont cumulé des dizaines de millions de vues.
**X (anciennement Twitter)** a mis en place des règles pour sanctionner les contenus générés par IA sans indication, mais la modération peine à suivre ce flux.
**Enfin, les Gardiens de la Révolution (Pasdaran)** jouent un rôle central en tant qu’acteur économique parallèle, contrôlant des entreprises stratégiques, des réseaux logistiques et des circuits de contournement des sanctions.
Cette économie de guerre leur permet de soutenir les programmes militaires (drones, missiles balistiques) même en période de crise économique.
**Les entreprises et les gouvernements doivent donc rester vigilants** : surveiller les utilisateurs finaux de leurs technologies, limiter l’accès de l’Iran aux ressources en IA, et renforcer leurs capacités en vérification d’images (OSINT) face à la montée des simulations hybrides.
Suite à l’assassinat du guide suprême **Ali Khamenei** lors des frappes américano-israéliennes du 28 février 2026, un **Conseil de direction intérimaire** a été mis en place conformément à l’article 111 de la Constitution iranienne. Ce conseil assure temporairement les fonctions du guide suprême en attendant la désignation d’un successeur par l’**Assemblée des experts**, un organe de 88 religieux chiites.
### Composition du Conseil intérimaire
Le conseil est composé de :
– **Masoud Pezeshkian**, président modéré de l’Iran ;
– **Gholamhossein Mohseni Ejei**, chef conservateur du pouvoir judiciaire ;
– **Alireza Arafi**, érudit du Conseil des gardiens choisi par le Conseil de discernement.
Ce trio a pris ses fonctions le 1er mars 2026 pour assurer la continuité de l’État dans un contexte de guerre active.
### Désignation du nouveau guide suprême
L’**Assemblée des experts** a tenu une session d’urgence entre le 3 et le 8 mars 2026. Malgré les craintes d’une paralysie due à l’assassinat de plusieurs de ses membres lors des frappes, elle a désigné **Mojtaba Khamenei**, le fils du défunt guide suprême, comme troisième guide suprême de l’Iran. L’annonce a été faite le 9 mars 2026.
### Controverses
La désignation de **Mojtaba Khamenei**, bien qu’appuyée par les Gardiens de la Révolution (Pasdaran), soulève des tensions :
– Elle risque d’être perçue comme une **dérive dynastique**, contraire aux principes de la république islamique.
– Son rôle discret mais influent dans les réseaux de sécurité et économiques de l’État en fait une figure puissante, mais peu légitime aux yeux de nombreux Iraniens.
### Pouvoir réel en temps de guerre
En pratique, le pouvoir est fortement influencé par les **Pasdaran**, dont les chefs survivants continuent de contrôler les opérations militaires, les représailles et les décisions stratégiques, notamment via l’axe de la Résistance.
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